chaman tambour

Au fil des siècles et des saisons, le chamanisme n’a cessé de se réinventer. Depuis la nuit des temps, les chamans exercent leur don pour communiquer avec les esprits des ancêtres, des rivières ou des animaux. Ils ont ici conseillé les rois ou les princes, et là, été interdits ou brûlés vifs.

Le chamanisme est comme l’eau. Elle coule dans le lit des rivières, elle anime l’océan, tombe du ciel en une pluie printanière. Elle peut aussi être iceberg, grêlons, ou vapeur. Depuis des siècles, sur notre vieux continent, le chamanisme était vapeur d’eau. Son essence était présente en tout, mais la transmission du chamanisme et même sa pratique ont été interrompues pendant des siècles. Aussi bien en Europe qu’en Mongolie.

Nous avons tous la capacité à développer notre médiumnité, notre sensibilité, nous pouvons tous avoir la grâce de recevoir les messages de l’invisible, nous pouvons apprendre à protéger notre maison, à développer notre énergie, à communiquer avec notre animal de pouvoir. Cela ne fait pas de nous un chaman pour autant. Ce serait aussi dangereux qu’illusoire de faire ce raccourci.

Le chamanisme a côtoyé le bouddhisme, que ce soit en Mongolie ou au Tibet. Il s’est fondu dans l’animisme, le druidisme, à tel point qu’il devient extrêmement difficile aujourd’hui de lui donner une définition précise, un contour et une forme.

Dans certaines régions reculées, les chamans, qu’on appelle les relayeurs, ou les Pajés, ont maintenu intacte une transmission originelle et authentique. Ailleurs, les chamans voyagent et transmettent aux Occidentaux ce qui, hier, était réservé aux initiés.

Dans notre civilisation moderne, nous avons perdu depuis les druides notre lignée chamanique. D’où la curiosité actuelle des Européens pour les cultures mongole, tibétaine, amérindienne, amazonienne. On s’ouvre à la méditation, on communique avec les esprits, on achète un tambour, on fait brûler de la sauge et on se sent chaman.

Alors, sommes-nous tous chamans ?

Depuis la sortie de mon livre Réveillez le chaman qui est en vous, on m’a posé la question des centaines de fois. Ma réponse est toujours la même :

Nous avons tous la capacité à développer notre médiumnité, notre sensibilité, nous pouvons tous avoir la grâce de recevoir les messages de l’invisible, nous pouvons apprendre à protéger notre maison, à développer notre énergie, à communiquer avec notre animal de pouvoir. Cela ne fait pas de nous un chaman pour autant. Ce serait aussi dangereux qu’illusoire de faire ce raccourci.

Nous pouvons prendre soin de notre santé, soigner notre alimentation, comprendre le sens de nos maladies et choisir le remède qui nous convient. Cela ne nous autorise pas à poser un diagnostic pour d’autres, à encourager l’arrêt d’une chimiothérapie, ou à prescrire des médicaments. Il nous faut pour cela étudier la médecine, qu’elle soit conventionnée ou non.

Nous pouvons savoir nous repérer en forêt, jouer d’un instrument de musique, ou cuisiner pour notre famille, toutefois, cela ne fait pas de nous un guide de haute montagne, un soliste, ou un chef étoilé.

Le chamanisme, comme toute discipline, s’apprend au contact de ceux qui l’ont étudié. C’est un apprentissage qui dure des années, qui demande une humilité et une persévérance à toute épreuve. C’est la vocation d’une existence entière.

Pour autant, l’avènement de l’ère du Verseau nous invite à l’unité, avec notre environnement, nos proches, les différentes parties de nous-même, avec les esprits de notre lignée. La spiritualité se réinvente sans cesse et je suis surpris de rencontrer aujourd’hui des enfants de plus en plus naturellement ouverts à la médiumnité, à l’ouverture de la conscience et à la responsabilité.

Il est temps, en ce sens, de retrouver notre souveraineté intellectuelle, spirituelle, énergétique et matérielle, c’est ainsi que nous incarnerons chacun notre place sur la terre, notre légitimité et la grandeur de notre humanité.

Dans cette période de transition, nous avons tous besoin de nourrir la sensibilité, le discernement, l’ouverture et la foi.

Être déjà un maître pour soi, savoir se maintenir dans la stabilité émotionnelle, affective et matérielle, savoir être doux avec soi pour le devenir avec les autres, prendre soin de son environnement, pacifier ses émotions et ouvrir son cœur est déjà le signe d’une forme de paix en nous. Et d’une forme de magie !

Arnaud Riou

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