La lumière n’est magnétique que parce qu’elle côtoie l’ombre.

C’est parce que je plonge en conscience dans les obstacles qui sont sur mon chemin que je cultive ma capacité à identifier de nouvelles ressources. Je n’évite pas les embûches, et je ne les recherche pas pour autant, mais j’utilise les tacles, les imprévus, les erreurs ou les attaques comme autant d’opportunités de croissance.

Pour le chaman, l’ombre n’est pas l’opposé de la lumière, elle en est le terreau. Ce n’est pas en condamnant ou en critiquant les comportements d’autrui que j’apprends à grandir, à m’assagir ou à m’ouvrir. C’est en plongeant dans ma lâcheté, en en reconnaissant la source, l’énergie, les causes et les incidences, que je développe mon courage et affirme une parole et des actes plus engagés.

C’est en identifiant les ressorts de ma confusion que je manifeste ma clarté. En acceptant ma peur, je deviens plus entreprenant et plus audacieux.

En sortant du déni et en cessant de projeter sur l’autre ces parts d’ombre si encombrantes dont nous croyons tous être exemptés ; en osant accueillir notre propre indifférence, notre propre cruauté, notre propre violence intérieure ; en réalisant que nous sommes aussi des êtres insensibles, égoïstes et manipulateurs ; en réfléchissant honnêtement sur la source de nos comportements et sur leurs répercussions possibles ; alors nous nous apprêtons à devenir des êtres plus sensibles aux autres, à la nature, aux animaux. Nous devenons des êtres plus doux, plus attentifs, plus paisibles et généreux. Toute conduite violente naît d’une blessure physique ou psychique qu’il appartient à chacun de cautériser. En méditant sur notre ombre, nous développons naturellement le discernement, la responsabilité, le courage et la joie.

L’ordre n’est pas l’opposé du désordre, non plus que l’inspiration n’est l’opposé de l’expiration, ou le silence celui de la parole. Ils en sont les composantes complémentaires.

On ne calmera jamais le désordre apparent – la violence d’une société ou d’un mouvement, qu’il soit jaune, rouge ou noir – par un ordre souvent plus violent que ce désordre.

« Le désordre, c’est l’ordre, moins le pouvoir » disait Léo Ferré. Parfois, l’ordre établi qu’on veut nous imposer, l’état d’urgence, les bonnes mœurs qu’on prend pour référence ou la normalité qu’on érige en étendard sont plus puants, irrespectueux, pervers et violents que ne l’est le chaos.

Le chaman regarde alors ce couvre-feu avec la conscience qu’en voulant couvrir le feu, on se risque, sans connaissance des éléments, à le rendre plus brûlant, plus dangereux et plus imprévisible qu’il ne l’a jamais été.

Les énergies de l’ombre se dissipent dans l’équinoxe du printemps. Les arbres bourgeonnent, les végétaux sortent de terre. Cette nature qu’on croyait morte n’était qu’endormie et se réveille pour nous rappeler que, toujours, après la nuit vient le jour neuf, après l’hiver vient le printemps, et après le chaos vient la paix.

Je vous souhaite de belles énergies de printemps !

 

 

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