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NOTRE DÉMOCRATIE EST-ELLE AUSSI MALADE QUE LA TERRE ?

En 1950, la terre abritait 2 tonnes de vers de terre à l’hectare. Aujourd’hui, elle en compte à peine 200 kilos.

Les vers de terre, comme tout le peuple souterrain, jouent un rôle déterminant dans l’alimentation de la matrice. Ils creusent des galeries, permettent à l’eau de circuler. Ils recyclent la matière organique naturelle et ainsi fertilisent la terre. Ils entretiennent la vie. Ces animaux ont un rôle-clé dans l’écosystème, comme l’ont les abeilles et les insectes pollinisateurs au sujet desquels écologistes et apiculteurs nous alertent quant à leur extinction sous l’effet des néonicotinoïdes.

Dernièrement, Hubert Reeves parlait d’anéantissement biologique au regard de cette extinction de masse de l’humanité, la sixième depuis le big-bang.

Par une utilisation massive d’engrais et de pesticides, nous rendons la terre stérile là où elle est naturellement fertile. Les agriculteurs deviennent prisonniers d’un système pétrochimique dont ils sont les premiers à pâtir. Les habitants eux, par manque de discernement, de sensibilité, de courage ou de curiosité, se rendent dépendants d’une nourriture industrielle toxique. C’est un cercle vicieux où chacun renvoie la responsabilité à l’autre. Un cercle entretenu par manque de sensibilité et de vision à long terme. Pourtant, d’autres modes d’agriculture respectueuse de l’environnement existent.

La terre est malade. Depuis quarante ans, la moitié des animaux sauvages a disparu de la surface du globe. Ces disparitions sont dues à la déforestation, à la destruction de leur habitat naturel et à la pollution.

Notre rapport à la terre est un rapport de dominants. Nous utilisons les ressources d’une manière immature, là où les chamans nous apprennent à sentir combien nous faisons partie de notre environnement. En fragilisant la nature, c’est notre propre nature que nous fragilisons.

Les chamans nous apprennent comment la terre et l’humain fonctionnent en équilibre. La « Terre mère », comme ses enfants les humains, s’harmonise à partir des cinq éléments : la terre, l’eau, le feu, l’air et l’espace. Les chamans nous apprennent comment rééquilibrer ces cinq éléments. Lorsque la mère est malade, elle contamine ses enfants.

CHANGER NOTRE RAPPORT À L’ENVIRONNEMENT

Notre rapport à la terre comme aux animaux en dit beaucoup sur la façon dont nous considérons notre propre espèce. 33 millions de poules élevées en cage, 50 millions de poussins broyés vivants chaque année, 100 millions de porcelets castrés vivants.

90 % des Français souhaitent que cela cesse, mais cela ne cessera pas, en tout cas, probablement pas cette année. Car notre démocratie en a décidé autrement.

Plusieurs amendements devaient être votés ce mois-ci dont la sortie du glyphosate qui était un signal fort pour marquer notre changement de cap. De même, un certain nombre d’amendements sur « le bien-être » animal devaient être votés pour acter une posture plus digne et plus responsable envers les animaux.

Cette nuit, 63 députés ont voté contre la disparition du glyphosate dans une assemblée qui accueille 577 représentants du peuple. Plus de 400 absents. Le vote n’a duré qu’une minute. La loi, comme c’est souvent le cas, a été votée en catimini entre 1 h et 2 h du matin.

Ces petits arrangements, et c’est probablement les signes d’une société malade, sont entrés dans les mœurs. Le vote est légal et adopté. Les mois de discussion, les commissions, le travail sur le terrain des défenseurs des animaux, des lanceurs d’alerte ont été réduits à néant par quelques mains levées au mauvais moment.

Pourtant, personne n’a gagné à ce vote, en tout cas, dans le long terme.

Dans notre démocratie, la gauche ne gagnera pas contre la droite, pas plus que les écologistes ne gagneront contre les industriels. C’est l’humanité tout entière qui gagnera – ou pas – le combat contre sa propre ignorance, sa cruauté et sa propre vanité. C’est l’humanité tout entière qui deviendra plus sensible, qui cessera de considérer les animaux comme des marchandises, en faisant la paix avec sa propre nature animale. C’est l’humanité tout entière qui s’arrêtera quelques minutes pour méditer sur son rôle dans son évolution et prendra conscience de ses actes dans le présent et dans le futur.

Depuis quelques années, eux-mêmes menacés dans leur mode de vie, les chamans et les représentants des peuples premiers viennent nous enseigner en Europe, comme c’est actuellement le cas en Suisse romande, sur un autre rapport à la terre. Ils nous inspirent, car ils n’ont pas perdu ce rapport à une terre vivante, vibrante, sensible.

Le chamanisme n’est pas coupé de la terre, bien au contraire ! Les chamans nous apprennent par une introspection complète à mieux percevoir la réalité vivante de notre monde, ils nous aident à percevoir l’environnement dans toutes ses dimensions. Ils nous aident à comprendre l’énergie, d’où elle vient et comment la développer. Ils nous aident à changer notre regard sur ce qui nous nourrit, tant sur le plan psychique que sur les plans physique et spirituel. Ils nous aident à développer d’autres ressources, ils nous inspirent un autre rapport à la terre, car il existe bien sûr d’autres voies pour s’alimenter, produire, consommer, autrement et en conscience.

Ce matin plus que jamais, je rends hommage à tous ceux qui, ici et là, continuent dans ce cynisme ambiant à croire que d’autres voies sont possibles. Je rends hommage à celles et ceux qui reprennent le pouvoir sur leur vie en devenant plus conscients, plus matures, plus humbles dans leur rapport à l’environnement. À ceux qui à travers d’autres modes de consommation, de production, d’alimentation, ouvrent la voie vers un monde plus respectueux, plus sensible, plus intelligent, à travers lequel, je l’espère, l’humanité retrouvera ses lettres de noblesse.

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