Arnaud Riou

Auteur / Conférencier / Formateur / Coach


Blog

Vous votez POUR ou CONTRE ?

par Arnaud Riou / calendrier Publié le : mercredi 23 novembre 2016 - Modifié le : 25 novembre 2016 / tag maître intérieur / Élection / bulles 1

Voter POUR ? Voter CONTRE ? Et si plutôt que de se concentrer sur ce qui nous sépare, nous méditions sur ce qui nous rapproche...

« Il faut voter pour Fillon à la primaire de la droite  » argumentait récemment un ami.

« Ah oui ? Pourquoi ? »

« En votant pour Fillon, tu écartes Sarkozy. Fillon, C’est le seul candidat qui incarne la droite modérée et peut faire le poids contre l’extrême droite »

Ainsi, devrais-je voter pour un candidat envers qui je n’ai pas de liens pour empêcher un autre de faire barrage à un troisième ?

Ces stratégies sont intégrées dans les calculs des hommes politiques. Les manigances souterraines, les reports de voix, les consignes de vote, les réseaux d’influence, les arrangements personnels.

Chaque période électorale est marquée de petites phrases assassines, de raliements imprévisibles, de trahisons Shakespeariennes. Si elles semblent intégrées au paysage, elles marquent aussi les limites de notre démocratie.

- « Et si ni l’un ni l’autre ne me convient ? »

- « Alors votez pour le moins pire ! Vous n’allez tout de même pas voter blanc, ça serait faire le jeu du FN ! »

-  « Pourtant, il me semblait que le vote blanc était un vote d’expression. Voter blanc signifie qu’on est concerné par l’élection, mais qu’aucun candidat ne porte nos valeurs. »

Je ressens devant l’isoloir le même sentiment que lorsqu’au restaurant on m’avait demandé si je préfèrais du poulet braisé ou une côte de bœuf. « Je suis végétarien, je ne mange pas d’animaux » « Oui, j’ai compris », m’avait répété le serveur. « Vous préférez que je vous fasse un poisson ? »

Les jeux politiques auxquels nous assistons, la violence des propos, la petitesse des arguments marquent les limites de notre démocratie. Et pourquoi pas de notre 5e République. Cette République basée sur les oppositions. La droite s’oppose à la gauche, les extrêmes s’opposent entre eux. Il faut choisir son camp. Tout dans les débats politiques invite à la division, à l’opposition, au conflit, à la spéculation si loin de l’intelligence collective qui nous inspire déjà dans tant de domaines et pourrait inspirer les politiques.

Je ne me considère pas plus à gauche qu’à droite. Ces séparations font partie pour moi d’un autre siècle. Je me considère juste comme un être humain en quête de paix intérieure et extérieure, et j’ai compris que la paix s’établit d’abord dans le cœur de chacun. Lorsque nous sommes en paix et que nous apaisons les paradoxes qui vivent en nous, alors la peur de l’autre disparaît, qu’il soit de droite ou de gauche, du centre ou des extrêmes, de « chez nous » ou d’ailleurs.

Les partis d’extrême droite s’appuient sur la peur de l’autre pour élaborer leurs programmes. Ils ont compris, qu’en terme de communication, lorsqu’il s’agit d’appeler au rassemblement, il existe deux moteurs : la peur et l’amour. Plus la peur de l’autre s’affirme, plus disparaît l’amour et la foi en l’humanité. L’inverse est aussi vrai.

Alors, apolitique ?

Je me sens concerné par la vie politique. Je me sens concerné par les sujets qui nous touchent. Concerné par l’alimentation, je me demande comment nous pouvons sortir d’une malbouffe bourrée d’OGM, de monocultures intensives et chimiques, et encourager la permaculture, le bio, les circuits courts. Je me renseigne régulièrement sur le sujet, je rencontre les acteurs sur le terrain et fais mes choix en conscience en adoptant l’attitude la plus cohérente possible.

Je me sens concerné par l’écologie, je ne comprends pas, alors que nous constatons la destruction de près de la moitié du peuple animal marin sur les dernières décennies, qu’aucun parti ne s’engage davantage dans l’écologie autrement que par des discours vaporeux. L’écologie n’est pas une option. Je continue à voir que chaque année, inspirée par les lobbys, des lois votées en catimini, des mesures de plus en plus industrielles comme l’interdiction d’utiliser les semences d’une année sur l’autre, la règlementation des potagers privés, de l’utilisation de l’eau de pluie, les limitations constantes de la bio diversité visent à nous écarter de notre responsabilité envers notre mère la terre naturellement nourricière. Pour les chamans, nous sommes les enfants de la terre. La terre est vivante. Il nous appartient de prendre soin d’elle avec la même sensibilité que nous pouvons développer pour un membre de notre famille.

Je me sens concerné par l’éducation scolaire, je me sens impliqué depuis des années par des méthodes d’éducation alternatives, par des voies pédagogiques innovantes qui transforment totalement notre rapport à l’école, à l’enseignement. J’en vois quotidiennement les bienfaits dans les écoles alternatives et auprès d’enseignants curieux et intrépides qui encouragent la valorisation, l’apprentissage par le désir et non la contrainte, la cocréation et non la compétition permanente et qui obtiennent dans leurs classes de magnifiques résultats. Je ne vois dans les programmes politiques que des promesses fades et sans saveur et si peu d’allusions à ces belles initiatives de terrain.

Je suis très impliqué par notre système de santé, je ne cesse de faire le lien entre la guérison du corps et de l’esprit. Je pratique et encourage des méthodes alternatives de guérison qui amène chacun à se libérer des dépendances, à se soigner autrement, à reprendre son pouvoir dans le processus de santé, à investir davantage sur le maintien en bonne santé plutôt que sur la guérison des maladies. Pourtant, les médecines alternatives sont encore bridées en France par les gouvernements qui se succèdent et dont les ministères ne cessent de céder sous la pression des lobbys.

Dans un pays qui consomme 80 millions de boîtes d’anxiolytiques par an, dont 12 % des actifs sont concernés par le burn out, j’explore la méditation, la pleine conscience dans les entreprises comme un remède alternatif au stress. Je vois combien il est possible de reprendre sa santé en mains dès lors qu’on se réapproprie la souveraineté de son esprit. Car la clé est là ! Attend-on encore des gouvernements, des chefs et du pouvoir en général qu’ils nous apportent les réponses intimes aux questions qui concernent notre bien-être, notre évolution et le sens de notre vie ? Croyons-nous encore aux beaux discours ? Sommes-nous prêts à laisser faire ? Ou sommes-nous prêts à reprendre notre pouvoir en mains ? Ce pouvoir qui n’aurait jamais dû nous échapper.

Je me sens concerné par le chômage, par l’impact qu’il a sur le moral des êtres, des plus jeunes comme des cinquantenaires. Il n’est pourtant pas une fatalité. Je rencontre et accompagne toute l’année de jeunes créateurs d’entreprise, des autoentrepreneurs innovants et courageux qui ont compris que tout notre système économique entreprise/chômage était en mutation et qu’il était urgent de réinventer des alternatives au système actuel, des entrepreneurs dans tous les domaines qui mettent en place d’autres formes entrepreneuriat, de partenariat, de coopération, de collaborations alternatives éthiques et équitables, qui réinventent de nouvelles monnaies locales (5000 dans le monde), réinventent le télétravail et réenchantent leur rapport à leur métier.

Concerné par l’implication du peuple dans les prises de décision, je prends conscience des limites de notre démocratie où le peuple élit des technocrates, une oligarchie coupée du terrain. Je m’intéresse et rencontre les pionniers de l’holacratie, de la sophocratie, de la cocréation, de l’intelligence collective, d’autres formes qui permettent de considérer la collectivité. Ces initiatives fonctionnent merveilleusement bien, notamment dans les entreprises et dans plusieurs nouveaux mouvements citoyens, même si elles ont besoin d’ajustement, elles nous montrent des signes de réussite car elles ont en commun de faire ensemble, d’œuvre pour et non de gagner contre, de s’appuyer sur l’ouverture du cœur et non sur la peur de l’autre.

Oui, le monde est en mutation, non ce n’est pas une crise. Nous vivons un grand bouleversement qui demande à chacun d’entre nous de se reprendre en mains, de reprendre sa santé, son job, ses projets en mains, de s’ouvrir à d’autres modes de cocréation, d’être curieux, innovants, surprenants, de communiquer, d’échanger, de s’ouvrir...

« Laissez-nous faire » lançait Alexandre Jardin et son mouvement des Maisons citoyennes, « On a déjà commencé ». Faisons notre part, comme le colibri, encourageait Pierre Rabhi. D’autres mouvements citoyens partout en France et ailleurs se mobilisent, échangent, réinventent le monde ensemble.

Pour ma part, je ne suis adhérent d’aucun mouvement, d’aucun parti, en revanche, je participe et encourage de multitudes d’initiatives qui quittent l’amour du pouvoir pour oser le pouvoir de l’amour*. Je réalise combien lorsque nous avons la sensation de perdre notre pouvoir, c’est en nous qu’il faut chercher des ressources et certainement pas dans un sauveur fût-il un bon orateur dans ses discours électoraux !

Ici et là, les initiatives spontanées et citoyennes se multiplient. Elles ont en commun de n’aller « contre » rien. Elles sont « pour ». Pour un monde plus équilibré, plus juste et plus humain. Elles ont la noblesse de rester utopiques. L’Utopie dans son étymologie, nous rappelle que ce qui n’existe pas n’est pas en dehors de notre portée, l’utopie est un idéal qui ne gagne qu’à être découvert !

« On ne détruit pas un système en s’opposant à lui », disait Einstein, mais en créant un autre système plus harmonieux qui fonctionne et rende le précédent obsolète.

Dans cette période de choix, je vous souhaite de choisir de vous faire confiance et de trouver en vous et autour de vous les ressources pour transformer ce monde que nous avons joie à cocréer !

Alors, sans aucun doute, votre choix sera le bon !

*de l’amour du pouvoir au pouvoir de l’amour, je dois cette citation à la grande rencontre du même nom qui aura lieu prochainement à Nantes.

Commentaires

1 Message

  • Vous votez POUR ou CONTRE ? 25 novembre 2016 14:04, par Aquila

    Merci pour votre justesse des mots , tant que le vote blanc n’est pas reconnu je me sens encore responsable de choisir « le moins pire » car à mes yeux ce serais laisser les autres décider pour moi , donc si un jour pierre rabhi , Arnaud Riou , Thomas d’ansenbourg , Guy cornau , Lilou et toutes autres personnes qui vivent dans l’amour et la Creation , , se retrouve ensemble , sous le même pouvoir de l’amour , alors oui je pense que les votes blancs et les votes par défaut seraient terminez et auraient leur pouvoir .

    Merci pour votre lecture et vos mots très justes .
    Aquila

Envie de poster un commentaire...? Cliquez ici !


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

« Méditer, c’est choisir
Croyez-vous aux miracles ? »
La pensée de la semaine...
Lire toutes les pensées...

Newsletter
Inscrivez-vous

Veuillez saisir votre adresse e-mail pour recevoir vos newsletters!
Sélectionnez vos newsletters:
Infos particuliers :
Infos entreprises :

Vient de paraître

Pour la sortie des « les nouveaux sages », Arnaud vous offre 10 exemplaires de son nouveau livre.

Découvrez-le !...

question

Arnaud Riou répond à vos questions

Vous souhaitez en savoir plus sur mes activités ou sur un sujet évoqué sur ce blog ? Posez-moi votre question, j'y répondrai au plus tôt.

Facebook

Twitter

Retour en haut

guillemet_ouvert Notre existence est comme un puzzle. Nous ne sommes pas toujours conscient, au moment où nous en assemblons les pièces, de la cohérence de l’ensemble. C’est en prenant du recul que nous réalisons que tous les événements qui nous arrivent ont du sens et sont à leur place. guillemet_ferme

Arnaud Riou « Réveillez le chaman qui est en vous ».

Copyright © 2017. Arnaud Riou. Tous droits réservés.